Budget

Le budget d’une commune reflète les choix de société de la majorité en place. À Saint-Étienne-de-Montluc, on thésaurise depuis des années … mais pour quoi faire exactement ? On vous explique !


Les données budgétaires sur lesquelles nous avons travaillé datent de 2024 (ceux de 2025 n’ayant pas encore été validés). Elles sont difficiles d’accès et non actualisées pour certaines.

Si nous sommes élus, nous veillerons à ce que ces données soient transparentes et accessibles afin que chaque citoyen puisse les consulter librement. 

Pour faire simple, le budget se divise en deux :

  • une section de fonctionnement 
  • une section d’investissement

Section de fonctionnement

Commençons par la section de fonctionnement. Elle est composée des recettes (l’argent qui rentre) et des dépenses (l’argent qui sort).

Pour les recettes, presque la moitié vient de la taxe foncière, viennent ensuite les dotations de fonctionnement versées par l’état et dans la rubrique « autres » on retrouve d’autres taxes, impôts, dotations ainsi que les revenus générés par la location de locaux municipaux.

Pour les dépenses, la moitié sert à financer les 97 agents municipaux qui sont les hommes et les femmes qui nous permettent d’avoir un service public (administratif, entretien, écoles, direction des services généraux et policiers municipaux).

Pour information, le montant des frais de personnel se situe en dessous de la moyenne des villes de même taille.

En vert apparaissent les subventions versées aux associations

En 2024, la commune a versé 188 000 €, soit 63% de moins que la moyenne des villes de taille équivalente.

Autres dépenses : la sous-traitance, la consommation de combustibles, prestations de service, les versements obligatoires aux sapeurs-pompiers ou groupement hospitalier de territoire…

Maintenant analysons la différence entre les recettes et les dépenses. Comme nous pouvons le voir, le résultat est excédentaire. Cela peut sembler rassurant de prime abord, car cette économie augmente notre capacité d’autofinancement.

Cependant nous sommes en droit de nous interroger sur les répercussions du choix de cette politique financière sur notre cadre de vie et sur la qualité du service rendu au public.

Section d’investissement

Concernant la section investissement, grâce à ce graphique on peut remarquer que la politique menée sur les précédents mandats se fait de la manière suivante :

  • une première phase de plusieurs années de réduction des projets et des dépenses.
  • une seconde phase de travaux coûteux autofinancés en grande partie.

Mais de nouveau, nous nous questionnons sur l’impact du choix de cette politique cyclique sur la réponse de la municipalité aux besoins constants des habitants ?

L’emprunt

Pour financer les projets d’investissement un des outils à disposition c’est l’emprunt.

Comme nous pouvons le constater sur ce graphique, depuis 25 ans, les élus ont mené une politique de réduction de la dette.

Partant d’un souhait honorable, cette volonté de fuir l’emprunt nous prive de la possibilité d’échelonner de manière stable nos investissements.

Ce fonctionnement cyclique a retardé la mise en place de projets d’envergures permettant d’anticiper l’augmentation de la population (écoles de la Guerche saturées pendant de nombreuses années, infrastructures sportives sous-dimensionnées, réseau de mobilités douces insuffisant et dangereux, etc.)

Conclusion

La bonne gestion d’une commune ne se résume pas à dépenser le moins possible. C’est une idée reçue qui coûte cher à tout le monde car :

  • Les coûts de construction augmentent chaque année — un projet qui coûte 1 million aujourd’hui en coûtera peut-être 1,3 million dans 5 ans
  • Le coût réel de l’emprunt est limité car les collectivités locales bénéficient de taux d’intérêt très avantageux, bien inférieurs à ceux des particuliers ou des entreprises, notamment via la Banque des Territoires (Caisse des Dépôts). 
  • Les subventions se perdent — beaucoup d’aides publiques (État, région, département, Europe) sont conditionnées à un calendrier. Une commune qui tarde peut rater des financements importants
  • Les efforts financiers sont demandés aux habitants actuels de la ville. Alors que l’emprunt permet d’échelonner le coût sur plusieurs générations qui en auront également l’utilité. 

De plus le choix de cette politique a d’autres répercussions :

  • Les économies faites sur le budget de fonctionnement de la mairie ont des retentissements immédiats sur le quotidien des habitants, comme par exemple lorsqu’on réduit drastiquement les subventions permettant de rendre un service public juste et de qualité.  
  • Les projets reportés le temps de constituer l’épargne nécessaire font attendre la réponse de la mairie à un besoin immédiat des habitants (écoles surchargées, équipement sportifs insuffisants, rénovation énergétique des bâtiments publics, etc.)

Utiliser l’emprunt de façon raisonnable et maîtrisée permettra de ne plus attendre le dernier moment pour réaliser les investissements nécessaires, sans mettre en péril le budget de la commune.